Les voyages forment la jeunesse... Le bon temps c'est quand on est vivant...

Ce sont ces deux adages qui ont influencé notre déscision de planifier ces voyages. En ce qui me concerne, il y a longtemps que je voyage, un peu dans la réalité et beaucoup dans ma tête. Peu importe la destination, je suis toujours partante. Pour ce qui est de mon chummy, c'est un peu différent mais il n'a pas été trop difficile à envouter. Où, quand, comment, trois questions qui se sont alors imposées et qui demandaient des propositions et des choix. Après de multiples réflexions, ensemble et individuellement, nous avons arrêté notre choix, pour le premier voyage sur l'Ouest nord-américain et l'ouest du Canada. Et voilà l'aventure venait de commencer. Mais où s'arrêtera-t-elle???



mercredi 15 juillet 2009

Le légendaire Cap Horn - Chili

À nouveau, ce matin, c’est un lever aux petites heures afin d’admirer le légendaire Cap Horn. Depuis que je suis petite, j’entends des récits sur ce lieu indomptable, dangereux, battu par les vents les plus virulents et une mer défoncée et sauvage et faisant partie de certaines des plus grandes épopées maritimes. Nous voici donc sur le pont arrière alors qu’il fait encore nuit et que le jour commence à poindre. Le vent est très froid et bien présent, mais rien de ce puissant vent qui fait peur et auquel je m’attendais. La mer, malgré une légère houle n’est pas non plus défoncée. Où est cet endroit maudit où j’espérais ressentir quelques sensations fortes?? Je suis presque déçue. Mais lorsque je vois dans le petit jour, arriver, à la gauche du bateau, dans une brume blanchâtre et un crachin perçant et froid cet imposant caillou, ma déception s’écroule et mon imagination se met en marche. Je repense aux différents récits lus sur Internet et autres, décrivant le cap Horn comme un endroit mystique où la pire des tempêtes peut se déchaîner en quelques heures, où le brouillard est toujours présent, ou presque, et où le mauvais temps fait légion. Puis je pense à tous ces bateaux qui ont sombré dans ces eaux sombres et froides, à tous ces marins qui ont perdu la vie dans ces parages. Et tout à coup, je réalise que finalement je suis pas mal chanceuse que la mer ne soit pas plus déchaînée que ça et que le brouillard et le crachin froid qui me tombe dessus vont quand même me permettre d’avoir de merveilleux souvenirs d’un endroit tel que celui-là.

Le Cap Horn suscite le respect et fascine. Pendant que nous admirions et prenions des tas photos de ce rocher à l’apparence si inoffensive, le directeur de croisière nous donnait un tas de renseignements sur ce dernier.

Le Cap Horn, point le plus austral des terres rattachées à l’Amérique du Sud et faisant partie du petit archipel des îles Hermite à l’extrémité sud de la Terre de Feu, que tous les marins rêvent de passer, qui marque la frontière nord du passage de Drake, nom du détroit séparant l’Amérique du Sud et l’Antarctique, mais aussi, frontière où se rejoigne l’océan Atlantique à l’Est et l’océan Pacifique à l’Ouest. Le cap Horn est également le plus au Sud des grands caps. C’est une falaise haute de 425 m, située sur une île longue de 6 km et large de 2 km. Le cap fait partie des eaux territoriales du Chili. L’île n’abrite pas le moindre arbre, mais est tout de même relativement recouverte de végétation grâce aux fréquentes précipitations.

Pendant de nombreuses années, le cap Horn a été un point de passage crucial des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie. Cette route maritime était empruntée par les voiliers nommés « cap-hornier » pour transporter les marchandises tout autour du globe. Les parages du cap, très difficiles pour la navigation à cause des conditions locales de vent et de mer, furent toujours une épreuve extrêmement pénible pour les équipages, surtout d'est en ouest, contre les vents dominants, les icebergs et la houle. Il semblerait que le record de difficultés rencontrées au passage du Cap Horn par un voilier est détenu par l’Edward Sewall, un voilier américain qui a dû croiser pendant plus de deux mois, soit du 10 mars au 8 mai 1904 avant de réussir à passer le Cap Horn. Ces dangers et l’extrême difficulté de son franchissement ont donné au cap Horn son caractère légendaire, mais aussi la réputation d’être un cimetière marin.

Les vents dominants aux latitudes situées sous 40° sud peuvent souffler d’ouest en est autour du globe en étant à peine interrompus par les terres, donnant naissance aux « Quarantièmes rugissants » et aux encore plus violents « Cinquantièmes et Soixantièmes hurlants ». Ces vents sont accélérés au niveau du cap par un effet entonnoir créé par les Andes et la péninsule Antarctique qui obligent les vents à s’engouffrer dans le passage relativement étroit de Drake. Ces vents forts donnent naissance à de puissantes vagues, qui peuvent atteindre des proportions gigantesques lors de leur parcours autour de l’océan Austral. Parcours qui n’est interrompu par aucune terre, sauf au Horn, où ces vagues rencontrent une zone d’eau peu profonde qui a pour effet de les raccourcir et d’en accroître la hauteur, augmentant le péril qu’elles représentent pour les navires. Outre ces vagues « normales », la région à l’ouest du Horn est connue comme étant un lieu d’apparition soudaine de vagues monstrueuses appelées les « vagues scélérates », qui peuvent atteindre 30 mètres de haut. Enfin, les glaces sont le dernier danger qui menace les marins s’aventurant loin au-delà des 40° sud.

La tradition voulait qu’un marin victorieux du passage du Horn (un « Cap-hornien ») puisse porter un anneau en or à son oreille gauche, car c’est de ce côté que l’on longe le cap lors de la traversée d’ouest en est, le sens considéré comme classique. L’autre privilège était de pouvoir dîner avec un pied sur la table. Le Cap Horn a été une icône de la culture maritime pendant des siècles. Il est le thème de chants de marins et a suscité de nombreux livres sur le monde de la voile.

Nous sommes très chanceuses et nous avons vu le soleil se lever au travers des nuages sur le cap Horn. Un spectacle étonnant et superbe. Mais déjà nous avions doublé le cap Horn et le bateau continuait sa route en pénétrant dans l’océan atlantique. Peu de temps après ce lever de soleil, en continuant à longer la côte inhospitalière et hérissée de cette île, nous sommes retombées dans la purée de pois qui doit être une température plus régulière dans ces parages que les rayons d’un beau soleil. Il était temps, pour nous, de rentrer se réchauffer un peu et d’aller prendre un bon petit déjeuner.

Plus tard dans la matinée, nous avons pu assister au baptême du cap Horn. Tous les passagers désirants prendre part à la cérémonie devaient se présenter sur le pont piscine du Norwegian Sun pour 11 heures. Lorsque nous sommes arrivées sur le pont, surprise, surprise…. Le commandant et son second étaient les officiers pouvant baptiser tous ceux désireux de le faire. C’est muni d’une louche de bois et d’un sceau d’eau glacée (glaçon inclus) que vous vous faisiez baptiser « Cap Hornier ». Bon nombre de passagers se sont prêtés à la cérémonie malgré la température froide et les vents. Même certains membres de l’équipage pour qui s’étaient le premier passage au Cap Horn ont été baptisés. Cette cérémonie était joyeuse et festive mais je dois avouer que j’ai été un peu frileuse et que je n’ai pas osée passer sous la douche. Ce qui ne m’a pas empêché de recevoir mon certificat de « Cap Hornier » que chaque passager a trouvé sur son lit le soir dans sa cabine. Peu de gens ont ce document et je suis très fière d’avoir le mien, même si je ne me suis pas fait doucher à l'eau glaçonneuse. je pourrais toujours porter fièrement un anneau doré à l'oreille gauche et manger avec un pied sur la table....

Nous voguions maintenant franc nord dans l’océan Atlantique vers les Îles Falkland que nous atteindrons le jour suivant. Le soleil a fini par ce joindre à nous et la mer est magnifique. Nous avons le plaisir de voir des dauphins suivre le bateau tout en jouant avec lui et surtout mes merveilleux albatros qui se paient une partie de pêche dans les remous arrière du bateau. J’ai passé une partie de l’après midi à les admirer, ce sont vraiment de splendides oiseaux.

samedi 11 juillet 2009

Ushuaia - Argentine

Nous arrivons à Ushuaia sous un soleil radieux. Tout doucement, sans même nous en rendre compte, nous sommes rentrées en Argentine et nous voici vraiment au bout du monde.
J’ai un coup de cœur incroyable pour cette petite ville colorée et logée sur une étroite bande de terre entre montagne et eau.

Ushuaïa est la capitale de la province argentine la plus méridionale, la Terre de Feu. La ville est considérée comme étant la plus australe du monde. Elle a une superficie de 9 300 km2 et compte environ 60 000 habitants. Elle dispose d’un port en eaux profondes qui est le plus proche de l’Antarctique et elle est entourée par les monts Martial et Olivia et leurs vallées.

Les premières populations arrivent sur cette terre, il y a plus de 10 000 ans. Ce sont des indiens Yamana et Onas qui vivent de la cueillette et de la pêche. Lors de la traversée de Fernand de Magellan en 1520, les navigateurs espagnols observent du feu et de la fumée sur les côtes septentrionales. C’est pour cette raison qu’ils baptisèrent l’endroit « Terre de Feu ». Le nom de la ville vient de la langue indigène Yagan que parlaient les Yamanas. USH (au fond) et WUAIA (baie ou cirque).

La ville fut fondée en 1884. Elle se développa autour d’une prison pour des criminels particulièrement dangereux dans la première moitié du 20e siècle. Les prisonniers devinrent ainsi des colons et leurs principales activités étaient de couper du bois sur les terrains environnants la prison et de construire la ville. Ushuaïa bénéficie d'un climat subpolaire océanique comparable à celui de Reykjavik en Islande. Les saisons sont peu marquées avec des températures qui restent voisines de 0° C quelle que soit la période de l'année. Mais nous avons été particulièrement chanceuses avec une journée radieuse et un thermomètre aux alentours 15 °C toute la journée.

La gastronomie locale se compose au tour de poissons, fruits de mer dont le gros crabe « centolla » qui fait partie de la famille des crabes royaux et de l’agneau de Patagonie que les Ushuaienès mangent surtout grillé.

Nous avions une excursion de prévue au parc National de la « Tierra del fuego ». À la sortie du bateau, tous les autobus pour les différentes excursions nous attendent sur le quai. Nous rejoignons le nôtre et rencontrons Gaston qui sera notre guide pour la journée. Il est très sympa et surtout connaît bien ce coin de pays où il vit depuis 10 ans maintenant bien qu’il soit originaire de Buenos Aires.

Nous commençons par faire un tour de ville, qui bien que très sympathique et tout en colline n’a pas beaucoup de point d’intérêt à part l’ancien pénitencier. Nous en découvrirons plus au retour du Parc national. Nous voici donc parties pour le bout du monde, « Fin Del Mundo », tel que les argentins l’appellent. Peu de temps après la sortie de la ville, nous réalisons que les infrastructures routières de la région ne sont pas très développées. Nous quittons les routes goudronnées pour des routes de terre battue. Comme l’autobus que nous avons n’est plus de première jeunesse, bien qu’assez confortable, le trajet se fait dans les cahots et la bonne humeur. Surtout lorsque dans un virage étroit, deux bus se rencontrent. On se demande encore comment on a réussi à passer, mais une chose est certaine, les chauffeurs sont habitués et le nôtre a reçu une salve d’applaudissements à la suite de la manœuvre.

Après, environ 30 minutes de route, dans les contreforts de la Cordillère de Darwin qui s’offre à nous avec leurs cimes enneigées et brillantes dans le soleil, sur un ciel bleu immaculé, nous arrivons à l’entrée du Parc national de la Tierra Del Fuego. C’est une large bande de nature originelle et sauvage enclavée entre, au sud le canal Beagle, à l’ouest la frontière chilienne et à l’Est les glaciers Martial et Viciguerra. Seulement 2000 hectares des 63 000 hectares de superficies sont accessibles au public. Le parc est ouvert toute l’année et on y accède par l’unique « Ruta 3 », la fameuse transaméricaine, qui se termine à l’intérieur du parc au fond d’une des baies du canal Beagle, de La Baie Lapataia.

Il y a plusieurs campings gratuits aménagés dans le parc et bon nombre de familles Ushuaienès viennent y passer des vacances. Le parc possède une forêt dense composée principalement de Coihue http://fr.wikipedia.org/wiki/Nothofagus_dombeyi et de Majout Lenga Beech http://fr.wikipedia.org/wiki/Nothofagus_pumilio et de plusieurs autres variétés florales. Nous avons aussi eu la possibilité d’admirer plusieurs espèces d’animaux telles que des oies de Kelp que l’on retrouve presque uniquement sur la Terre de feu, des caracaras, oiseaux de proie qui font partie de la famille des faucons que l’on rencontre plus facilement au Texas et en Arizona que dans le Parc national de Tierra Del Fuego. Aussi, il y a beaucoup de castors qui ont été importés du Canada après la dernière guerre mondiale afin de développer l’industrie de la fourrure. Mais ce fut un échec. Car comme le climat de la Terre de feu est beaucoup moins froid qu’au Canada, ces derniers ont développé des fourrures de faibles épaisseurs et sans valeur marchande. De plus, les prédateurs naturels des castors comme l’ours, le loup et le lynx sont inexistants en Terre de Feu. Les castors ont alors proliféré rapidement ayant pour conséquence directe sur l’écosystème qui s’en trouvait déséquilibré. Le castor est considéré comme un fléau et la chasse est ouverte à l’année.

Puis nous sommes arrivées à « Bahia Ensenada ». C’est une baie où se trouve le bureau de poste argentin le plus austral du monde. Vous pouvez y déposer vos cartes postales et elles seront estampillées avec le tampon du Bout du monde. La baie est magnifique, nous profitons de cet arrêt pour admirer le paysage qui s’offre à nous. Le soleil est de la partie, mais un vent assez soutenu, mais relativement chaud nous empêche de quitter nos coupe-vent.

Puis nous reprenons notre bus en direction du Lac Roca et du majestueux Mont El Condor qui délimite la frontière entre l’Argentine et le Chili. À cet endroit, bon nombre de sentiers pédestres démarrent et un refuge avec un petit restaurant et un magasin de souvenirs hors de prix (pour touristes!!) a été aménagé. 15 minutes d’arrêt passent vite dans un paysage semblable. Nous n’avons pas d’yeux assez grands pour tout admirer. À droite, à gauche, tout est grandiose. Mais très vite, il nous faut retourner au bus pour la suite de la visite.

Le bus nous dépose à la « Bahia Lapataia ». Nous arrivons à la fin de la route transaméricaine ou « Routa 3 ». Nous sommes à 17 848 km de l’Alaska. C’est ici que le titre de la fin du monde prend vraiment tout son sens. Nous pouvons cependant prendre un joli sentier pédestre qui va nous permettre d’aller jusqu’à la Baie qui se trouve à environ 20 minutes plus au sud. Le sentier est tout aménagé avec des endroits pour prendre le temps d’admirer la beauté de ces lieux. Il faut avouer qu’avec le soleil qu’il fait, nous sommes vraiment chanceuses. Nous allons aussi pouvoir découvrir « el calafate », la plante qui donne les petits fruits ressemblant à des bleuets et avec lesquels on fait la bière que nous avons pu goûter à Punta Arenas. Malheureusement, la saison de la fruitaison est finie et sans fruit, l’arbrisseau ressemble plus à une ronce pleine d’épines qu’à un arbre fruitier. Nous aurons eu la chance aussi de voir à nouveau des oies de Kelp proche du sentier durant notre trajet de retour vers le bus. Les mâles sont blancs alors que les femelles et leurs petits sont gris. Notre visite du Parc national de Tierra Del Fuego se terminait, et sur le chemin du retour vers Ushuaia, nous avons eu la chance de pouvoir admirer tous ces magnifiques paysages. Si vous allez faire un tour sur le blog, je vous aie préparé dans la colonne de gauche plusieurs photos que je ne pouvais pas toutes mettre dans le message. Aller y voir ça vaut le coup d’œil. http://raymad.blogspot.com.

De retour à Ushuaia, nous sommes allées faire un tour à pied dans les rues de cette ravissante petite ville. Quelques jolies murales, panneaux de rue, et statues ont attiré notre attention. Nous en avons profité pour faire quelques magasins dans un desquels j’ai pu trouvé une carte géographique de la pointe de l’Amérique du Sud, Chili et Argentine afin de pouvoir tracer l’itinéraire que nous avons parcouru. Puis en revenant à petits pas vers le bateau, dans le soleil qui commençait à descendre, nous avons assisté à un spectacle de danse de rue folklorique qui était exécuté par des jeunes dans des costumes bigarrés. La musique au son de laquelle ils dansaient était très rythmée et très joyeuse. Nous sommes restées un bon moment à les regarder danser. Puis nous sommes retournées vers le navire qui nous attendait au quai. La fatigue de la journée commençait à se faire sentir mais nous avions encore un rendez-vous. Nous étions conviées à un spectacle de tango offert par une troupe d’Ushuaia dans la salle de spectacle du bateau. C’est avec beaucoup d’admiration que nous avons assisté à ce spectacle, mais aussi avec la certitude que le tango, le vrai ce n’est pas pour tous. C’est une danse complexe, en tout cas ce qu’on nous a présentée !!!

mardi 7 juillet 2009

Canal Beagle et ses glaciers

Le canal Beagle est un accident géographique de l’extrême sud du continent américain. Sa partie orientale constitue la limite internationale entre le Chili et l’Argentine, mais sa partie occidentale est au Chili. Il s’agit d’un détroit séparant les îles de l’archipel de la Terre de Feu. Le canal Beagle mesure environ 240 km de long et sa largeur minimale est d’environ 5 km. À l’ouest, il est relié au Pacifique par le canal de Darwin. Il doit son nom au navire britannique HMS Beagle qui lors de son deuxième voyage dans les parages comptait à son bord Charles Darwin, lui donnant ainsi l’opportunité de faire ses preuves en tant que naturaliste.

Nous avions été prévenues la veille, « si vous voulez voir les glaciers, il faudra être dès l’aube sur le pont arrière et nous vous présenterons les différents glaciers qui viennent mourir dans les eaux du canal Beagle, au fur et à mesure que nous les atteindrons ». En gros, voici le discours que l’on nous a tenu en soirée, après le départ de Punta Arenas. Nous devions naviguer dans le canal Beagle une partie de la nuit et rentrer, au petit matin dans la partie glacière.

Après avoir ajusté nos réveils afin de ne rien rater, et avoir passé une nuit de navigation particulièrement froide, - le chauffage ne voulait plus fonctionner dans notre cabine et nous avons été obligée à deux reprises de faire intervenir le steward afin d’avoir un peu de chaleur – nous nous présentons sur le pont arrière à 6 h du matin alors que le jour n’est pas encore point et que les membres de l’équipage sont encore en train de racler la neige qui s’était accumulée durant la nuit. Je suis dans les premières arrivées sur le pont. La nuit commence à céder sa place au jour, il n’y a aucune étoile dans le ciel et un crachin glacé nous tombe dessus. Heureusement, nous étions bien habillées. Nous sommes dans la partie la plus étroite du canal Beagle, moins de 5 km. Le silence est impressionnant. Nous n’entendons que le bruissement de l’eau sur la coque du bateau et le ronronnement des moteurs. De chaque côté du bateau, les montagnes plongent dans le canal. Les formes commencent à se faire de plus en plus précises avec la clarté qui s’accentue. Et voilà que le directeur de croisière commence à nous énumérer les glaciers majestueux que nous voyons défiler dans le silence de chaque côté du bateau.
Nous verrons le glacier Romanche, le glacier Allemand, le glacier Français, le glacier de Hollande, le glacier D’Espagne et le glacier d’Italie.

Les explications en anglais, français et espagnol fusent par les haut-parleurs du pont arrière pendant que nous admirons ses géants de glace. Certains sont très proches. D’autres plus éloignés. Bien que nous ne voyions aucune fracture de glace plonger dans le canal, nous pouvons malgré tout sentir la fonte accélérée de ces glaciers en observant les énormes torrents d’eau bouillonnante qui s’écoulent dans le canal. Le spectacle est majestueux et impose le respect. Nos yeux ne sont pas assez grands. Heureusement que l’appareil photo nous permet de figer ses moments exceptionnels dans nos mémoires.

La démarcation entre les eaux des glaciers ayant en suspension toutes les particules morainiques qui font une eau bleue laiteuse est très nettement visible dans le canal. Nous sommes sur le point d’entrer en Argentine et les bateaux rapides militaires surveillent les limites frontalières. Jamais dérangeant, mais très présent l’armée semble être très présente en argentine. Nous aurons l’occasion de le vérifier plus tard.

Les glaciers sont passés, le soleil a fini par poindre et la température augmente régulièrement depuis la levée du jour. Il est maintenant l’heure de petit déjeuner. Ce que nous faisons en continuant d’admirer les magnifiques parois montagneuses qui bordent le canal Beagle.

mercredi 1 juillet 2009

Punta Arenas Chili

C’est par le détroit de Magellan qui fut découvert en 1520 et devint une route majeure de transit entre l’Europe et l’Amérique que nous sommes arrivées à Punta Arenas vers 6h30 du matin. Toutes les lumières de la ville sont encore allumées et comme nous nous ancrons en rade, le spectacle du levé du jour sur la ville est assez magnifique. C’est malheureusement une journée grise que nous aurons avec quelques gouttes de pluie mais malgré tout, une belle température. Punta Arenas bénéficie d'un climat subpolaire océanique comme toute l'extrémité méridionale du continent sud-américain. Les températures ne connaissent pas d'importantes variations saisonnières à cause de l'effet modérateur de l'océan et avoisinent la plupart du temps les 0°C mais aujourd’hui, c’est un joli 12 degrés que nous aurons.

Punta Arenas qui, en espagnol, veut
dire « point sablonneux » est la capitale de la province de Magallanes, la XII province du Chili. Elle est située à 3 090 km de Santiago Terre des indiens Onas et Yamanas, aujourd’hui disparus, Punta Arenas fut le principal port pour la navigation entre les océans Pacifique et Atlantique, car les navires y étaient préparés pour le difficile passage du Cap Horn. La ville est aujourd’hui le centre économique de la Patagonie chilienne. La ville fut d’abord une colonie pénitentiaire peuplée de renégats et de criminels mais aujourd’hui c’est une des villes du Chili où le non-emploi est le plus bas avec seulement 3% de chômage sur une population d’environ 130 000 habitants. Punta Arenas se trouve être le port d’attache et de ravitaillement pour les plates formes pétrolières au large du Chili.

Certains vous diront que Punta Arenas est la ville la plus australe du monde et pour le Chili c’est vrai, mais réellement, c’est Ushuaïa, qui est la plus australe du monde mais qui appartient à l’Argentine.
D’ailleurs les chiliens et les Argentins ne s’aiment pas beaucoup et se disputent allègrement tous les titres qui peuvent être disputés. La ville la plus australe, la Patagonie chilienne, la Patagonie argentine, le bout du monde, la porte de l’Antarctique, etc…

Nous avions une excursion de prévue. Visite de la ville et de ses atours. Nous avons donc rejoint notre guide Xavier à la sortie du
bateau. Un guide très sympa qui lui aussi connaît bien sa ville et son pays et qui partage avec nous ses connaissances tout en répondant à toutes nos questions individuelles. Nous nous dirigeons en premier vers le cimetière qui ici est une halte touristique pour plusieurs raisons. La première, c’est là que sont enterrés les derniers indiens du peuple Onas qui ont succombés aux maladies introduites par les explorateurs. Aussi, étant donné la forte émigration européenne des années 1800, le cimetière a une architecture semblable à certains cimetières européens. C'est-à-dire de grands caveaux familiaux et certains mausolées richement sculptés et décorés, pouvant accueillir jusqu’à 25 cercueils. Des allées rectilignes bordées d’arbustes taillés en forme coniques tous égaux qui cachent les caveaux.

Le terrain du cimetière a été donné à la ville par Sarah Braun-Menendez, pionnière arrivée de sa Russie natale en 1874, elle instaura l’élevage du mouton dans la région de Punta Arenas et sur la Tierra del Fuego où elle possédait une propriété de plus 1 million d’hectare et s’en enrichie. Nous irons par la suite visiter son manoir qui pour l’époque était d’un grand confort et qui fut achevé de bâtir en 1903 par l’architecte français Antoine Beaulier. Tout le mobilier fut importé d’Europe par bateau.

Puis nous nous sommes rendus sur la Plaza de Arma qui est dans presque toutes les villes chiliennes la place centrale de la ville. Un magnifique mémorial d’Hernando de Magallanes dont chaque une des 4 faces a une signification particulière. Une d’entre elle représente une splendide sirène à deux queues afin de représenter la jonction entre les deux océans Atlantique et Pacifique qui s’unissent à la pointe de l’Amérique du sud. Une autre phase du mémorial représente un indien Onas, et la légende et tradition veut que les marins qui passent dans le détroit de Magellan pou
r la première fois, embrassent le pied du Patagon assis sous Magellan. Loulette n’a pas manqué à la tradition.

Sur la Plaza de Arma, un ravissant kiosque à musique sert d’office touristique et de nombreuses étales d’artisan offrent leur produit à tous les
touristes passants.

Puis nous nous sommes reparties pour la visite guidée de la Brasserie la plus australe du monde. Cette entreprise patagonienne fabrique la bière la plus australe du monde depuis
1892. Le maître brasseur allemand José Fischer vient s’installer en Patagonie avec comme idée, de fabriquer une bière à base d’orge pour les colons locaux qu’il nommera « Patagona ». En très peu de temps cette bière devient populaire. En 1916, la brasserie produit déjà 6 variétés de bières. Aujourd’hui, la légendaire bière « Patagona » est connue sous le nom de l’Austral et se reconnaît avec son étiquette verte. Après un court vidéo d’une dizaine de minute nous expliquant les méthodes de productions actuelles ainsi que l’évolution de la brasserie depuis son implantation à Punta Arenas, nous avons pu admirer les cuves de cuivre dans lesquelles se fait la fermentation du précieux liquide. Le secret de cette bière délicieuse proviendrait d’un ingrédient spécifique. En effet, la région des glaciers étant très proche, ils utilisent l’eau des glaciers pour la fabrication de cette bière ce qui lui donnerait ce goût unique et cette texture cristalline.

Nous avons eu le plaisir de goûter 4 sortes des bières fabriquées à L’Austral Brewery. L’Austral , évidemment qui est une bière blonde, la Yagan, une bière brune, la Calafate, une bière faite avec un petit fruit chilien ressemblant à un bleuet et la Pale Ale. La dégustation s’est fait dans la bonne humeur et avons eu l’occasion de pouvoir toute les goûter. Pour moi, c’est l’Austral ma préférée, mais comme je ne suis pas la plus connaisseur au niveau bière, ne vous fiez pas forcément à moi. Tous avaient cependant l’air
d’apprécier les différentes sortes, nous étions de bonne humeur. Même le chauffeur d’autobus a participé à la dégustation… Ce que vous n’auriez certainement pas vu chez nous. Mais autres pays, autres coutumes!!!

Après la visite et la dégustation, nous sommes rentrées au bateau sous un ciel lourd, gris et menaçant mais avec de magnifiques arcs-en-ciel ce qui annonçaient un dégagement dans les heures à venir.
En effet, nous avons appareillé dans un couché de soleil splendide. Il faut dire que les couchés de soleil australs sont tout aussi beaux que ceux du grand nord. Je ne sais pas si c’est le peu de pollution dans ses contrées isolées où tout simplement l’oblique des rayons du soleil qui fait cette luminosité unique que l’on retrouve autant au nord qu’au sud mais une chose est certaine c’est magnifique.