Les voyages forment la jeunesse... Le bon temps c'est quand on est vivant...

Ce sont ces deux adages qui ont influencé notre déscision de planifier ces voyages. En ce qui me concerne, il y a longtemps que je voyage, un peu dans la réalité et beaucoup dans ma tête. Peu importe la destination, je suis toujours partante. Pour ce qui est de mon chummy, c'est un peu différent mais il n'a pas été trop difficile à envouter. Où, quand, comment, trois questions qui se sont alors imposées et qui demandaient des propositions et des choix. Après de multiples réflexions, ensemble et individuellement, nous avons arrêté notre choix, pour le premier voyage sur l'Ouest nord-américain et l'ouest du Canada. Et voilà l'aventure venait de commencer. Mais où s'arrêtera-t-elle???



samedi 11 juillet 2009

Ushuaia - Argentine

Nous arrivons à Ushuaia sous un soleil radieux. Tout doucement, sans même nous en rendre compte, nous sommes rentrées en Argentine et nous voici vraiment au bout du monde.
J’ai un coup de cœur incroyable pour cette petite ville colorée et logée sur une étroite bande de terre entre montagne et eau.

Ushuaïa est la capitale de la province argentine la plus méridionale, la Terre de Feu. La ville est considérée comme étant la plus australe du monde. Elle a une superficie de 9 300 km2 et compte environ 60 000 habitants. Elle dispose d’un port en eaux profondes qui est le plus proche de l’Antarctique et elle est entourée par les monts Martial et Olivia et leurs vallées.

Les premières populations arrivent sur cette terre, il y a plus de 10 000 ans. Ce sont des indiens Yamana et Onas qui vivent de la cueillette et de la pêche. Lors de la traversée de Fernand de Magellan en 1520, les navigateurs espagnols observent du feu et de la fumée sur les côtes septentrionales. C’est pour cette raison qu’ils baptisèrent l’endroit « Terre de Feu ». Le nom de la ville vient de la langue indigène Yagan que parlaient les Yamanas. USH (au fond) et WUAIA (baie ou cirque).

La ville fut fondée en 1884. Elle se développa autour d’une prison pour des criminels particulièrement dangereux dans la première moitié du 20e siècle. Les prisonniers devinrent ainsi des colons et leurs principales activités étaient de couper du bois sur les terrains environnants la prison et de construire la ville. Ushuaïa bénéficie d'un climat subpolaire océanique comparable à celui de Reykjavik en Islande. Les saisons sont peu marquées avec des températures qui restent voisines de 0° C quelle que soit la période de l'année. Mais nous avons été particulièrement chanceuses avec une journée radieuse et un thermomètre aux alentours 15 °C toute la journée.

La gastronomie locale se compose au tour de poissons, fruits de mer dont le gros crabe « centolla » qui fait partie de la famille des crabes royaux et de l’agneau de Patagonie que les Ushuaienès mangent surtout grillé.

Nous avions une excursion de prévue au parc National de la « Tierra del fuego ». À la sortie du bateau, tous les autobus pour les différentes excursions nous attendent sur le quai. Nous rejoignons le nôtre et rencontrons Gaston qui sera notre guide pour la journée. Il est très sympa et surtout connaît bien ce coin de pays où il vit depuis 10 ans maintenant bien qu’il soit originaire de Buenos Aires.

Nous commençons par faire un tour de ville, qui bien que très sympathique et tout en colline n’a pas beaucoup de point d’intérêt à part l’ancien pénitencier. Nous en découvrirons plus au retour du Parc national. Nous voici donc parties pour le bout du monde, « Fin Del Mundo », tel que les argentins l’appellent. Peu de temps après la sortie de la ville, nous réalisons que les infrastructures routières de la région ne sont pas très développées. Nous quittons les routes goudronnées pour des routes de terre battue. Comme l’autobus que nous avons n’est plus de première jeunesse, bien qu’assez confortable, le trajet se fait dans les cahots et la bonne humeur. Surtout lorsque dans un virage étroit, deux bus se rencontrent. On se demande encore comment on a réussi à passer, mais une chose est certaine, les chauffeurs sont habitués et le nôtre a reçu une salve d’applaudissements à la suite de la manœuvre.

Après, environ 30 minutes de route, dans les contreforts de la Cordillère de Darwin qui s’offre à nous avec leurs cimes enneigées et brillantes dans le soleil, sur un ciel bleu immaculé, nous arrivons à l’entrée du Parc national de la Tierra Del Fuego. C’est une large bande de nature originelle et sauvage enclavée entre, au sud le canal Beagle, à l’ouest la frontière chilienne et à l’Est les glaciers Martial et Viciguerra. Seulement 2000 hectares des 63 000 hectares de superficies sont accessibles au public. Le parc est ouvert toute l’année et on y accède par l’unique « Ruta 3 », la fameuse transaméricaine, qui se termine à l’intérieur du parc au fond d’une des baies du canal Beagle, de La Baie Lapataia.

Il y a plusieurs campings gratuits aménagés dans le parc et bon nombre de familles Ushuaienès viennent y passer des vacances. Le parc possède une forêt dense composée principalement de Coihue http://fr.wikipedia.org/wiki/Nothofagus_dombeyi et de Majout Lenga Beech http://fr.wikipedia.org/wiki/Nothofagus_pumilio et de plusieurs autres variétés florales. Nous avons aussi eu la possibilité d’admirer plusieurs espèces d’animaux telles que des oies de Kelp que l’on retrouve presque uniquement sur la Terre de feu, des caracaras, oiseaux de proie qui font partie de la famille des faucons que l’on rencontre plus facilement au Texas et en Arizona que dans le Parc national de Tierra Del Fuego. Aussi, il y a beaucoup de castors qui ont été importés du Canada après la dernière guerre mondiale afin de développer l’industrie de la fourrure. Mais ce fut un échec. Car comme le climat de la Terre de feu est beaucoup moins froid qu’au Canada, ces derniers ont développé des fourrures de faibles épaisseurs et sans valeur marchande. De plus, les prédateurs naturels des castors comme l’ours, le loup et le lynx sont inexistants en Terre de Feu. Les castors ont alors proliféré rapidement ayant pour conséquence directe sur l’écosystème qui s’en trouvait déséquilibré. Le castor est considéré comme un fléau et la chasse est ouverte à l’année.

Puis nous sommes arrivées à « Bahia Ensenada ». C’est une baie où se trouve le bureau de poste argentin le plus austral du monde. Vous pouvez y déposer vos cartes postales et elles seront estampillées avec le tampon du Bout du monde. La baie est magnifique, nous profitons de cet arrêt pour admirer le paysage qui s’offre à nous. Le soleil est de la partie, mais un vent assez soutenu, mais relativement chaud nous empêche de quitter nos coupe-vent.

Puis nous reprenons notre bus en direction du Lac Roca et du majestueux Mont El Condor qui délimite la frontière entre l’Argentine et le Chili. À cet endroit, bon nombre de sentiers pédestres démarrent et un refuge avec un petit restaurant et un magasin de souvenirs hors de prix (pour touristes!!) a été aménagé. 15 minutes d’arrêt passent vite dans un paysage semblable. Nous n’avons pas d’yeux assez grands pour tout admirer. À droite, à gauche, tout est grandiose. Mais très vite, il nous faut retourner au bus pour la suite de la visite.

Le bus nous dépose à la « Bahia Lapataia ». Nous arrivons à la fin de la route transaméricaine ou « Routa 3 ». Nous sommes à 17 848 km de l’Alaska. C’est ici que le titre de la fin du monde prend vraiment tout son sens. Nous pouvons cependant prendre un joli sentier pédestre qui va nous permettre d’aller jusqu’à la Baie qui se trouve à environ 20 minutes plus au sud. Le sentier est tout aménagé avec des endroits pour prendre le temps d’admirer la beauté de ces lieux. Il faut avouer qu’avec le soleil qu’il fait, nous sommes vraiment chanceuses. Nous allons aussi pouvoir découvrir « el calafate », la plante qui donne les petits fruits ressemblant à des bleuets et avec lesquels on fait la bière que nous avons pu goûter à Punta Arenas. Malheureusement, la saison de la fruitaison est finie et sans fruit, l’arbrisseau ressemble plus à une ronce pleine d’épines qu’à un arbre fruitier. Nous aurons eu la chance aussi de voir à nouveau des oies de Kelp proche du sentier durant notre trajet de retour vers le bus. Les mâles sont blancs alors que les femelles et leurs petits sont gris. Notre visite du Parc national de Tierra Del Fuego se terminait, et sur le chemin du retour vers Ushuaia, nous avons eu la chance de pouvoir admirer tous ces magnifiques paysages. Si vous allez faire un tour sur le blog, je vous aie préparé dans la colonne de gauche plusieurs photos que je ne pouvais pas toutes mettre dans le message. Aller y voir ça vaut le coup d’œil. http://raymad.blogspot.com.

De retour à Ushuaia, nous sommes allées faire un tour à pied dans les rues de cette ravissante petite ville. Quelques jolies murales, panneaux de rue, et statues ont attiré notre attention. Nous en avons profité pour faire quelques magasins dans un desquels j’ai pu trouvé une carte géographique de la pointe de l’Amérique du Sud, Chili et Argentine afin de pouvoir tracer l’itinéraire que nous avons parcouru. Puis en revenant à petits pas vers le bateau, dans le soleil qui commençait à descendre, nous avons assisté à un spectacle de danse de rue folklorique qui était exécuté par des jeunes dans des costumes bigarrés. La musique au son de laquelle ils dansaient était très rythmée et très joyeuse. Nous sommes restées un bon moment à les regarder danser. Puis nous sommes retournées vers le navire qui nous attendait au quai. La fatigue de la journée commençait à se faire sentir mais nous avions encore un rendez-vous. Nous étions conviées à un spectacle de tango offert par une troupe d’Ushuaia dans la salle de spectacle du bateau. C’est avec beaucoup d’admiration que nous avons assisté à ce spectacle, mais aussi avec la certitude que le tango, le vrai ce n’est pas pour tous. C’est une danse complexe, en tout cas ce qu’on nous a présentée !!!

mardi 7 juillet 2009

Canal Beagle et ses glaciers

Le canal Beagle est un accident géographique de l’extrême sud du continent américain. Sa partie orientale constitue la limite internationale entre le Chili et l’Argentine, mais sa partie occidentale est au Chili. Il s’agit d’un détroit séparant les îles de l’archipel de la Terre de Feu. Le canal Beagle mesure environ 240 km de long et sa largeur minimale est d’environ 5 km. À l’ouest, il est relié au Pacifique par le canal de Darwin. Il doit son nom au navire britannique HMS Beagle qui lors de son deuxième voyage dans les parages comptait à son bord Charles Darwin, lui donnant ainsi l’opportunité de faire ses preuves en tant que naturaliste.

Nous avions été prévenues la veille, « si vous voulez voir les glaciers, il faudra être dès l’aube sur le pont arrière et nous vous présenterons les différents glaciers qui viennent mourir dans les eaux du canal Beagle, au fur et à mesure que nous les atteindrons ». En gros, voici le discours que l’on nous a tenu en soirée, après le départ de Punta Arenas. Nous devions naviguer dans le canal Beagle une partie de la nuit et rentrer, au petit matin dans la partie glacière.

Après avoir ajusté nos réveils afin de ne rien rater, et avoir passé une nuit de navigation particulièrement froide, - le chauffage ne voulait plus fonctionner dans notre cabine et nous avons été obligée à deux reprises de faire intervenir le steward afin d’avoir un peu de chaleur – nous nous présentons sur le pont arrière à 6 h du matin alors que le jour n’est pas encore point et que les membres de l’équipage sont encore en train de racler la neige qui s’était accumulée durant la nuit. Je suis dans les premières arrivées sur le pont. La nuit commence à céder sa place au jour, il n’y a aucune étoile dans le ciel et un crachin glacé nous tombe dessus. Heureusement, nous étions bien habillées. Nous sommes dans la partie la plus étroite du canal Beagle, moins de 5 km. Le silence est impressionnant. Nous n’entendons que le bruissement de l’eau sur la coque du bateau et le ronronnement des moteurs. De chaque côté du bateau, les montagnes plongent dans le canal. Les formes commencent à se faire de plus en plus précises avec la clarté qui s’accentue. Et voilà que le directeur de croisière commence à nous énumérer les glaciers majestueux que nous voyons défiler dans le silence de chaque côté du bateau.
Nous verrons le glacier Romanche, le glacier Allemand, le glacier Français, le glacier de Hollande, le glacier D’Espagne et le glacier d’Italie.

Les explications en anglais, français et espagnol fusent par les haut-parleurs du pont arrière pendant que nous admirons ses géants de glace. Certains sont très proches. D’autres plus éloignés. Bien que nous ne voyions aucune fracture de glace plonger dans le canal, nous pouvons malgré tout sentir la fonte accélérée de ces glaciers en observant les énormes torrents d’eau bouillonnante qui s’écoulent dans le canal. Le spectacle est majestueux et impose le respect. Nos yeux ne sont pas assez grands. Heureusement que l’appareil photo nous permet de figer ses moments exceptionnels dans nos mémoires.

La démarcation entre les eaux des glaciers ayant en suspension toutes les particules morainiques qui font une eau bleue laiteuse est très nettement visible dans le canal. Nous sommes sur le point d’entrer en Argentine et les bateaux rapides militaires surveillent les limites frontalières. Jamais dérangeant, mais très présent l’armée semble être très présente en argentine. Nous aurons l’occasion de le vérifier plus tard.

Les glaciers sont passés, le soleil a fini par poindre et la température augmente régulièrement depuis la levée du jour. Il est maintenant l’heure de petit déjeuner. Ce que nous faisons en continuant d’admirer les magnifiques parois montagneuses qui bordent le canal Beagle.

mercredi 1 juillet 2009

Punta Arenas Chili

C’est par le détroit de Magellan qui fut découvert en 1520 et devint une route majeure de transit entre l’Europe et l’Amérique que nous sommes arrivées à Punta Arenas vers 6h30 du matin. Toutes les lumières de la ville sont encore allumées et comme nous nous ancrons en rade, le spectacle du levé du jour sur la ville est assez magnifique. C’est malheureusement une journée grise que nous aurons avec quelques gouttes de pluie mais malgré tout, une belle température. Punta Arenas bénéficie d'un climat subpolaire océanique comme toute l'extrémité méridionale du continent sud-américain. Les températures ne connaissent pas d'importantes variations saisonnières à cause de l'effet modérateur de l'océan et avoisinent la plupart du temps les 0°C mais aujourd’hui, c’est un joli 12 degrés que nous aurons.

Punta Arenas qui, en espagnol, veut
dire « point sablonneux » est la capitale de la province de Magallanes, la XII province du Chili. Elle est située à 3 090 km de Santiago Terre des indiens Onas et Yamanas, aujourd’hui disparus, Punta Arenas fut le principal port pour la navigation entre les océans Pacifique et Atlantique, car les navires y étaient préparés pour le difficile passage du Cap Horn. La ville est aujourd’hui le centre économique de la Patagonie chilienne. La ville fut d’abord une colonie pénitentiaire peuplée de renégats et de criminels mais aujourd’hui c’est une des villes du Chili où le non-emploi est le plus bas avec seulement 3% de chômage sur une population d’environ 130 000 habitants. Punta Arenas se trouve être le port d’attache et de ravitaillement pour les plates formes pétrolières au large du Chili.

Certains vous diront que Punta Arenas est la ville la plus australe du monde et pour le Chili c’est vrai, mais réellement, c’est Ushuaïa, qui est la plus australe du monde mais qui appartient à l’Argentine.
D’ailleurs les chiliens et les Argentins ne s’aiment pas beaucoup et se disputent allègrement tous les titres qui peuvent être disputés. La ville la plus australe, la Patagonie chilienne, la Patagonie argentine, le bout du monde, la porte de l’Antarctique, etc…

Nous avions une excursion de prévue. Visite de la ville et de ses atours. Nous avons donc rejoint notre guide Xavier à la sortie du
bateau. Un guide très sympa qui lui aussi connaît bien sa ville et son pays et qui partage avec nous ses connaissances tout en répondant à toutes nos questions individuelles. Nous nous dirigeons en premier vers le cimetière qui ici est une halte touristique pour plusieurs raisons. La première, c’est là que sont enterrés les derniers indiens du peuple Onas qui ont succombés aux maladies introduites par les explorateurs. Aussi, étant donné la forte émigration européenne des années 1800, le cimetière a une architecture semblable à certains cimetières européens. C'est-à-dire de grands caveaux familiaux et certains mausolées richement sculptés et décorés, pouvant accueillir jusqu’à 25 cercueils. Des allées rectilignes bordées d’arbustes taillés en forme coniques tous égaux qui cachent les caveaux.

Le terrain du cimetière a été donné à la ville par Sarah Braun-Menendez, pionnière arrivée de sa Russie natale en 1874, elle instaura l’élevage du mouton dans la région de Punta Arenas et sur la Tierra del Fuego où elle possédait une propriété de plus 1 million d’hectare et s’en enrichie. Nous irons par la suite visiter son manoir qui pour l’époque était d’un grand confort et qui fut achevé de bâtir en 1903 par l’architecte français Antoine Beaulier. Tout le mobilier fut importé d’Europe par bateau.

Puis nous nous sommes rendus sur la Plaza de Arma qui est dans presque toutes les villes chiliennes la place centrale de la ville. Un magnifique mémorial d’Hernando de Magallanes dont chaque une des 4 faces a une signification particulière. Une d’entre elle représente une splendide sirène à deux queues afin de représenter la jonction entre les deux océans Atlantique et Pacifique qui s’unissent à la pointe de l’Amérique du sud. Une autre phase du mémorial représente un indien Onas, et la légende et tradition veut que les marins qui passent dans le détroit de Magellan pou
r la première fois, embrassent le pied du Patagon assis sous Magellan. Loulette n’a pas manqué à la tradition.

Sur la Plaza de Arma, un ravissant kiosque à musique sert d’office touristique et de nombreuses étales d’artisan offrent leur produit à tous les
touristes passants.

Puis nous nous sommes reparties pour la visite guidée de la Brasserie la plus australe du monde. Cette entreprise patagonienne fabrique la bière la plus australe du monde depuis
1892. Le maître brasseur allemand José Fischer vient s’installer en Patagonie avec comme idée, de fabriquer une bière à base d’orge pour les colons locaux qu’il nommera « Patagona ». En très peu de temps cette bière devient populaire. En 1916, la brasserie produit déjà 6 variétés de bières. Aujourd’hui, la légendaire bière « Patagona » est connue sous le nom de l’Austral et se reconnaît avec son étiquette verte. Après un court vidéo d’une dizaine de minute nous expliquant les méthodes de productions actuelles ainsi que l’évolution de la brasserie depuis son implantation à Punta Arenas, nous avons pu admirer les cuves de cuivre dans lesquelles se fait la fermentation du précieux liquide. Le secret de cette bière délicieuse proviendrait d’un ingrédient spécifique. En effet, la région des glaciers étant très proche, ils utilisent l’eau des glaciers pour la fabrication de cette bière ce qui lui donnerait ce goût unique et cette texture cristalline.

Nous avons eu le plaisir de goûter 4 sortes des bières fabriquées à L’Austral Brewery. L’Austral , évidemment qui est une bière blonde, la Yagan, une bière brune, la Calafate, une bière faite avec un petit fruit chilien ressemblant à un bleuet et la Pale Ale. La dégustation s’est fait dans la bonne humeur et avons eu l’occasion de pouvoir toute les goûter. Pour moi, c’est l’Austral ma préférée, mais comme je ne suis pas la plus connaisseur au niveau bière, ne vous fiez pas forcément à moi. Tous avaient cependant l’air
d’apprécier les différentes sortes, nous étions de bonne humeur. Même le chauffeur d’autobus a participé à la dégustation… Ce que vous n’auriez certainement pas vu chez nous. Mais autres pays, autres coutumes!!!

Après la visite et la dégustation, nous sommes rentrées au bateau sous un ciel lourd, gris et menaçant mais avec de magnifiques arcs-en-ciel ce qui annonçaient un dégagement dans les heures à venir.
En effet, nous avons appareillé dans un couché de soleil splendide. Il faut dire que les couchés de soleil australs sont tout aussi beaux que ceux du grand nord. Je ne sais pas si c’est le peu de pollution dans ses contrées isolées où tout simplement l’oblique des rayons du soleil qui fait cette luminosité unique que l’on retrouve autant au nord qu’au sud mais une chose est certaine c’est magnifique.

mardi 28 avril 2009

Puerto Chacabuco - Chili

Au réveil, nous sommes dans le fjord Aisen qui nous mène à Puerto Chacabuco. Le brouillard est très présent et s’il ne nous permet pas tout le temps de pouvoir admirer la cime des montagnes qui forment le fjord, il nous donne une image très surréaliste du paysage. Des parois montagneuses aux sommets embrumés qui plongent dans une eau d’un vert foncée d’une fausse quiétude et parsemée de très nombreux parcs de pisciculture. En effet, c’est ici, qu’une grande partie des saumons et des truites que l’on retrouve dans nos assiettes, sont élevés en milieu naturel, dans les fjords du chili. Nous verrons c’est parc tous le long des 70 km du fjord Aisen. Avec le jour qui se lève, la forêt tropicale commence à se laisser découvrir sous le reflet brillant des arcs-en-ciel que cause la fusion du brouillard et du soleil.

Puerto Chacabuco faisant partie de la communie Aisen. Desservit administrativement par la province Aisen. Avant le grand feu de la forêt Patagonienne et l’éruption du volcan Mont Hudson en 1991, Puerto Aisen était le port le plus actif du fjord, mais les cendres et l’érosion de la terre ont fait diminuer la navigabilité de la Rivière Aisen et les activités portuaires ont été obligatoirement déplacé en aval sur la côte à Puerto Chacabuco. Le fjord Aisen est connecté indirectement à la côte pacifique par le canal de Darwin. Le courant de Umbolt remontant de l’antarctique et s’engouffre dans ces canaux et ces fjords, ce qui provoque de fréquents brouillards qui ajoutent certes à la magie des lieux, mais qui compliquent parfois la vie des marins qui naviguent sur ces eaux. Nous en aurons la preuve en voyant cette épave échouée à l’entrée de La Baie de Chacabuco.

Et voilà, le bateau ralentit et nous rentrons dans la baie de Puerto Chacabuco où nous y passerons la journée. Nous n’avons pas d’excursion de prévue et nous restons tranquillement à bord, à lire au soleil sur notre balcon, à jouer au scrabble à l’Observatory lounge et surtout admirer le cirque montagneux qui se dévoile à nous peu à peu avec le levé du soleil. Les quelques lambeaux de brune restants finissent par s’évaporer et nous laisser apercevoir les neiges éternelles des premiers glaciers des Andes.

Devant nous se profile la petite ville de Puerto Chacabuco qu’aucune route ne relie au reste du monde. Pour sortir ou arriver à cet endroit, il faut absolument emprunter la voix des mers ou des airs. En effet, tous les gens, biens, ravitaillement consommable ou non consommable, et bien évidemment les poissons qui y sont élevés, sont livrés ou partent de Puerto Chacabuco par air ou mer. Nous aurons l’occasion de confirmer la chose en voyant arriver un camion-citerne par la voix des eaux.

Nous surveillerons aussi, les allées et venues des tenders jusqu’à la terre ferme qui ramène les passagers sur le bateau. En fin d’après-midi dans un soleil qui décline rapidement derrière les hautes montagnes nous appareillons pour retrouver le fjord Aisen où nous pouvons contempler toutes ces chutes d’eau qui dégringolent le long des parois abruptes. Signe probable du réchauffement des climats, car les neiges éternelles font place aux goulets rocailleux tout au long du fjord qui nous ramène vers le pacifique.

Dans les deux prochains jours, nous naviguerons dans le Pacifique, mais aussi dans ces fjords et canaux aux noms aussi évocateurs que le canal Darwin, le canal Five, le Canal Conception, le détroit de Nelson pour enfin entrer dans le canal de Magellan en direction de Punta Arenas. La température aussi va commencer à descendre sérieusement. Nous sommes loin des 27 et 30 degrés de notre départ avec une température qui oscille entre 12 et 14 degrés. Ce qui n’est pas encore épouvantable si l’on considère qu’au Québec il fait moins 15 degrés. Mais les sandales et les culottes courtes ont repris la direction des tiroirs pour faire place aux vêtements plus appropriés, car en plus de la température c’est le vent qui est très présent en mer et qui s’assure que tu sois suffisamment habillé.

Ce soir et les prochains jours seront des journées que plusieurs des passagers vont trouver difficiles. La mer fait le gros dos et des vagues proches de 4 mètres font tanguer le bateau suffisamment pour que tous les ponts extérieurs soient totalement interdits aux passagers. Le canal d’informations en circuit fermé nous renseigne toute la journée de notre position et nous donne les conditions climatiques que nous rencontrons et que nous allons rencontrer dans les prochaines 24 heures. Loulette et moi ne serons jamais dérangées par ce tangage qui lorsqu’on circule dans les coursives nous donne l’impression d’avoir pris un verre de trop et de ne pas être capables de marcher droit. Si nous nous avons eu bien du plaisir de cet état de fait plusieurs n’ont pas vraiment aimé et le mal de mer a dû faire des malheureux.

Si pour nous, la mer n’est pas si mauvaise, lorsque nous sommes dans le pacifique, c’est le vent qui est le plus impressionnant. Le bruit est si fort que nuit et jour vous l’entendez se plaindre. Je sais maintenant que ce les marins appellent les 40e rugissants et les 50e hurlants que nous traverserons plus tard en allant vers Ushuïa. Ces noms sont donnés aux parallèles à cause des vents qui y habitent : les plus violents connus sur terre et situés entre les 40° et 50° ou les 50° et les 60° de latitude sud. Leur nom évoque la force et le bruit impressionnant qu'ils peuvent dégager sur l'océan et leur puissance est dû à la quasi-absence de terres susceptibles de l'atténuer. La proximité de l'océan glacial Antarctique est à l'origine de tempêtes dévastatrices. 90% de la glace de la planète se trouve en Antarctique. La différence de température entre la glace et les eaux de l'océan génère un mouvement d'air qui se déplace autour de l'Antarctique et qui crée à son tour une succession de dépressions. Combinées aux vents d'ouest, elles forment les conditions diluviennes des 40e rugissants et des 50e hurlants tant redoutés par les marins qui s'aventurent sur les eaux de l'océan Austral.

Durant ces journées de navigation, j’ai passé des heures à admirer les oiseaux marins. Bien que je ne sois pas une fanatique des oiseaux, je dois reconnaître que les albatros sont une source d’admiration pour moi. Il m’inspire un sentiment de liberté totale. De plus se sont des as du vol plané et sont très difficiles à photographier.

L'albatros est un oiseau qui ne vit qu'en mer, il ne se pose à terre que pour pondre et couver son poussin. Cet oiseau de mer profite des vents, pour planer sans avoir à bouger ses ailes. S’il doit se poser, il se pose en mer. Il se nourrit de calmar et autres poissons qu'ils trouvent sur leur passage.

L'albatros à sourcils noirs a une taille supérieure à celle du fou de Bassan. Il est l'espèce la plus observée. Il a une queue courte, des ailes longues, noires et étroites de plus de 3 mètres d'envergure. Le reste de son corps est blanc, son bec est crochu et il a un masque noir autour des yeux qui donne l'effet de sourcils. Cependant, les jeunes ont un plumage foncé jusqu’à leur maturité. Son vol est silencieux et il a une glande spéciale qui lui permet le dessalage de l'eau de mer, ainsi il peut en boire à volonté.

Les adultes vivent plusieurs dizaines d'années. Les couples sont généralement fidèles pour la vie. C'est en décembre que la femelle pond un œuf unique et que chacun à leur tour, mâle et femelle couvent. L'incubation dure 80 jours et les parents se remplacent au nid toutes les 1 ou 3 semaines. Les parents nourrissent et maternent leur bébé pendant 9 mois. Alors les petits s'envolent et vont errer sur la mer pendant 6 ans pour enfin revenir se reproduire à leur tour.